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Saviez-vous que le cerveau de l’enfant est doté de 10 fois plus de connexions qu’internet ? Autrement dit d’1 million de milliards de connexions synaptiques ! En effet, tout ce qu’un enfant perçoit de 0 à 2 ans dans son environnement, absolument tout, crée une connexion. Dans un article passionnant, Céline Alvarez nous explique l’impressionnante plasticité du cerveau de l’enfant, ainsi que notre responsabilité en temps que parents de lui offrir les meilleurs conditions à son développement.

Comment se développe le cerveau humain ?

L’être humain qui vient de naître commence par emmagasiner les informations du monde extérieur par le canal des sens. Chaque image, chaque interaction, chaque évènement va se fixer dans les fibres de son cerveau en connectant des neurones. Ces connexions de neurones commencent dès le ventre de la maman puis augmentent de façon extrêmement rapide dès la naissance : 700 à 1000 nouvelles connexions par seconde se créent pendant les cinq premières années de la vie. Tout comme les fondations de la construction d’une maison, le cerveau humain commence par créer des milliers de connexions pour se structurer. Autrement dit, cette période de grande impressionnabilité cérébrale est fondamentale car elle pose les premières pierres de l’intelligence.

Et comme toujours, la nature est bien faite : au moment où le cerveau a besoin de ce foisonnement de connexions neuronales pour préparer sa structuration, la nature a doté le jeune enfant d’une passion pour l’exploration. Lorsqu’il touche, attrape, nous appelle, nous étudie, observe le monde avec intensité, son cerveau se construit : et il est essentiel que nous, adultes, n’entravions pas systématiquement ce besoin constructeur en le réfrénant pour notre confort ou pour sa sécurité. En effet, tous les « ne touche pas à ça », « reste là », « assieds-toi », « attends-moi », « tais-toi »… ont une conséquence sur l’intelligence qu’il est en train de se construire. Il est donc de notre responsabilité de parents de permettre à l’intelligence d’explorer et de réaliser des milliards de connexions !

Un réseau de connexions impressionnant ! 

Pour mieux visualiser, nous pouvons comparer le cerveau de l’enfant avec le réseau internet mondial. Lorsque deux neurones se connectent, cela s’appelle une synapse. Lorsque deux pages web se connectent, cela s’appelle un hyperlien. Internet possède évidemment une quantité époustouflante de connexions (100 000 milliards d’hyperliens). Mais tenez-vous bien, le cerveau de l’adulte en possède le triple (300 000 milliards de connexions synaptiques) et l’enfant, lui, est doté de 10 fois plus de connexions qu’Internet : 1 million de milliards de connexions synaptiques. Tout ce qu’il perçoit dans son environnement, absolument tout, crée une connexion !

Le cerveau humain se structure donc littéralement avec son environnement. Imaginez donc quelles seraient les conséquences d’un environnement peu nourrissant ou violent lors de cette période… Cela aurait des conséquences dramatiques sur la structuration cérébrale. Parce que, nous l’avons dit, le cerveau se structure à partir de ce qu’il reçoit. Et s’il reçoit peu, il se développe mal. Un bébé a donc besoin de bien plus que de nourriture et de sommeil pour se développer, mais clairement de découvertes et d’interactions sociales saines, car privé du monde, le cerveau humain ne se développe pas correctement ; il n’atteint pas même un volume normal. Il va sans dire qu’un manque lors de cette période abime les potentiels, car de la même façon que des fondations fragiles compromettent la stabilité d’une maison, de faibles circuits neuronaux créés par le bébé altèrent l’architecture cérébrale de l’adulte qu’il sera. Lors de cette première période de la vie, le cerveau se nourrit du monde. Il est ainsi très clair que tout se construit dans l’enfance. 

Grandir c’est se spécialiser

Après avoir recueilli ses 1 million de milliards de connexions, le cerveau humain commence à faire le ménage et vient alors l’étape du tri. Oui, car grandir c’est passer de 1 million de milliards de synapses à 300 000 milliards. Les connexions les moins utilisées, qui codent les expériences les moins répétées, vont progressivement s’affaiblir, et être éliminées. A l’inverse, les connexions les plus souvent utilisées, et qui codent les expériences les plus souvent vécues par l’enfant, vont se renforcer. On appelle cela l’élagage synaptique. Mais attention, dans ses coupes synaptiques, le cerveau ne regarde pas la qualité de ce qu’il supprime : il trie en fonction de la fréquence. Si un enfant a été le plus souvent exposé à un vocabulaire très familier, et même si de temps en temps il a pu entendre des personnes s’exprimant avec un langage plus soutenu, le cerveau renforcera la trace des mots qu’il entend le plus souvent.

A 1 an donc, le cerveau a déjà effectué des coupes radicales. Un an plus tard, à deux ans, il a dégagé les fondations de son architecture cérébrale. Et il l’a fait à partir des expériences les plus fréquentes, et ce, qu’elles soient positives ou négatives. Et ces structures fondamentales deviennent ensuite de plus en plus difficiles à remodeler. Bien sûr, le cerveau évolue et crée de nouvelles connexions toute la vie, mais la plupart du temps, il devra composer avec la qualité des fondations construites pendant la toute petite enfance. Il est donc primordial de porter une attention particulière à cette période critique, c’est à dire avant que le cerveau de l’enfant ne soit trop spécialisé. Car grandir, c’est perdre les deux tiers de ses possibilités, et renforcer le tiers le plus utilisé. Grandir c’est se spécialiser. L’adulte n’est pas moins intelligent, il est spécialisé : spécialisé dans sa langue, dans sa culture, dans sa pensée, dans ses comportements sociaux, etc. Et vivre avec l’enfant, c’est participer à sa spécialisation. Nos façons de parler, de réagir, ce que nous faisons avec lui ou devant lui, va littéralement participer au câblage de son cerveau.

 

En bref, la plasticité cérébrale, c’est ce processus continu et dynamique de création, de renforcement et d’élimination de connexions synaptiques. La plasticité diminue ensuite progressivement, avec une baisse très nette à la puberté. Mais elle se poursuit tout de même à l’âge adulte. Le cerveau continue constamment de créer de nouveaux circuits, et c’est ce qu’il fait pendant que vous lisez cet article ! Retenons donc que nous possédons un fonctionnement cérébral exceptionnel, mais aussi puissant que soit ce mécanisme plastique, il est conditionné par l’environnement extérieur. La première période de la vie est donc en cela à la fois une période de grande opportunité et de grande vulnérabilité. Chaque expérience compte, qu’elle soit positive ou négative. Face à cela, un impératif social émerge : nous, adultes, avons la responsabilité de fournir à l’être humain qui vient de naître les conditions qui lui offrent le meilleur, et qui lui évitent le pire.

Source : https://lamaternelledesenfants.wordpress.com/

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